* Ár var alda,þar er Ymir bygði,vara sandr né sær né svalar unnir,iörð fannz æva né upphiminn,gap var ginnunga enn gras hvergi.
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Le spectacle que j'ai vu ce soir était sans doute le plus beau auquel j'ai jamais pu assister. Concerts, Opéras, Théâtres et autres compris. Je sors juste d'une séance à l'Opéra qui me laisse songeuse ... Un opéra Wagnérien, tout en puissance, en beauté, .. très scandinave, comme souvent, dois-je citer ses autres oeuvres pour une idée?... Ce n'était pas la première fois que je voyais quelque chose inspiré de cette "mythologie" spécifique à l'univers de Wagner, mais c'est la première fois que les émotions m'ont ainsi submergées, me surprenant tant elles étaient puissantes... sauvagement encrées dans ce que je pensais être un coeur mort ...
L'histoire est celle du Hollandais Volant, un marin maudit par Satan, condamné à errer en mer jusqu'a ce que la dernière vague se brise ... Tous les Sept ans, son vaisseau se rapproche de la côte et le Hollandais se met en quête d'une femme qui lui promettrais la fidélité jusqu'à la mort, car c'est là la seule rédemption, son salut ...
Aspirant à la mort, il erre, attendant que la dernière goûte d'eau quitte l'océan, défiant les tempêtes, les créatures marines et le ciel lui même .. Cette interprétation, poignante, tragique de cet homme à la recherche de ce qui n'est pas, ce qu'il n'oses espérer trouver, de cette quête qu'il mène, accompagné de son équipage maudit, m'a fait rentré dans une sorte de légende, un mythe que je connaissais depuis longtemps mais que je n'avais jamais pu entendre interprété d'une façon aussi émouvante m'a touché, bouleversé...
J'aime tous les Arts, mais les Arts Lyriques me transportent d'une toute autre manière, je suis terriblement sensible aux sonorités et les chants peuvent m'envoûter d'une manière totalement inattendue ... c'est, en quelque sorte ce qu'il s'est passé ce soir. Cette histoire d'amour, tragique, de cette sorte d'attente, tant celle du Hollandais que celle de Senta, celle qui lui apportera la rédemption dans la mort ... Ce sentiment d'avoir toujours "su" ...
Les chants, tantôt puissants, tantôt doux, en apartés ou en choeur transportent le public d'émotions ... Une centaine de personne représentaient les équipages marins et les femmes restées à terre, et il y avait là quelque chose de terriblement impressionnant, comme si leur chant pouvait touché les anges eux mêmes, comme si la tragédie prenait vie a quelques mètres à peine ... Les frisons qui me parcours l'échine, et les larmes qui me prennent ... Je suis touchée par la douceur et la sincérité du chant de Senta, humble, fragile, perdue dans ses rêves et ses désirs, se jetant dans la malédiction du Hollandais à coeur ouvert, à corps perdu ... parce qu'elle a toujours su, au fond d'elle même, qu'elle serait celle qui lui apporterais la rédemption. Touchée aussi par cet homme, maudit, qui fini par se sentir trahi à la suite des agissement de l'ancien fiancé de Senta ... touché par ces sentiments, qu'il désire éternels ... et cette fin dramatique.
La musique de Wagner complète l'enchantement, lui donne un sens, unique, tragique, et achève ce voyage, cette quête de salut...Premiere fois pour moi également que j'assiste a un opéra chanté en Allemand, j'y allais avec beaucoup d'appréhension, mais je ne garde en souvenir que la beauté des vagues et des chants, immortels, éternels, qui semblaient par moment défiés la terre entière tant la tragédie avait pris place dans l'enceinte de l'Opéra ...
La dimension Wagnérienne a pris ce soir un autre sens pour moi, comme si je prenais juste conscience ce ces mythes que je connais depuis l'enfance...