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* Ár var alda,þar er Ymir bygði,vara sandr né sær né svalar unnir,iörð fannz æva né upphiminn,gap var ginnunga enn gras hvergi.

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Anyone anywhere ...

Gargouille silencieuse, depuis le toit du monde, j'observe la vie s'écouler ... J'ai envie de hurler, de rompre le silence, que mon cri te trouve et te touche ... En plein coeur.  Envie de te voir courir vers moi lorsque je pleures...  Mais personne ne viendra... Jamais... Ces jours sont difficiles, les souvenirs viennent vers moi et percent ma chair et ma mémoire de leurs lames glacés, vives comme le chaos sanglant du monde moderne...

 

Où es-tu? Je ne le saurais sans doute jamais ... Je porte ta disparition comme une croix tranchante, sur mon corps les cicatrices des années passées à te pleurer ...  Alors que je marche, éthérée et absente,  dans le jardin des morts sous le soleil de ces jours sans gloire, j'entends ta voix qui cours le long de la pierre et du lierre.  Lorsque je ferme les yeux, je peux presque revoir le monde gris et flou que tu as rejoint, lorsque je tends la main, je peux presque saisir la tienne, lorsque je murmure, je peux presque te voir sourire ...  Mais rien n'y fait, mes visions de ta vie, aussi belles soient-elles ne me font pas oublier ton absence cruelle et mordante...  Insuffisance, en ces jours où j'ai l'impression de n'être rien sans toi, en ces jours où je te hais plus que la mort elle-même...  Je t'en voudrais encore longtemps, de m'avoir abandonné, je t'en voudrais encore longtemps  ... pour m'avoir laissé seule face à la vie.

 

J'ai pris ton nom, sans doute par besoin d'accomplir ce que tu ne pourras jamais faire ...  Tu avais volé une partie de mon âme et de mon esprit ... Je serais à jamais incomplète, chevauchant les vents et les tempêtes à la recherche d'un murmure ou d'un fragment de notre passé...   

 

Perchée sur les toits, je n'ai qu'une envie, sauter et m'envoler, dans un souffle, vivre une dernière fois nos rêves d'enfants avant de mourir vers les étoiles naissantes... De pleurer sous la lune pleine, qui de ses doux rayons éclaire mon visage rougis par les pleurs.  Lueur opaline sur le coeur, je défaits mes bandages affichant ainsi au monde ce qu'il a fait de moi.  Cicatrices, empruntes de la vie et de la mort, tant de douleurs qu'à jamais je cacherais.  Je sais où je peux hurler, les marques de nos pas s'effacerons à jamais, mais... si je ferme les yeux, je peux encore sentir le vent et l'embrun de l'océan que l'on chérissait tant ...

 

Cruauté des souvenirs, si j'avais eu la force d'effacer ma mémoire, je n'aurais rien changé ... Si j'avais eu le temps, je t'aurais dit une dernière fois ce que tu représentais pour moi ...

 

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